Montessori à la maison (2): la Vie Pratique

Me voilà de retour avec des astuces pour une maison à la Montessori. Cette fois-ci nous parlerons d’activités de Vie Pratique.

Qu’est-ce que la Vie Pratique et pourquoi les enfants en ont-ils besoin ? est peut-être une question que vous vous posez.

Cette aire de travail est la première dans une classe Montessori, la première à être présentée et aussi celle que les enfants semblent demander naturellement. C’est aussi celle qui est aisée à mettre en pratique à la maison.

learning tower
A 11 mois, notre fille observait et goûtait ce que nous préparions dans la cuisine

Le travail de vie pratique aide au développement de l’être tout entier, physique, mental et moral et ses différentes activités aident au développement total de l’enfant.

Cela implique un aspect ‘pratique’ puisque les activités sont celles reliées à la vie quotidienne (épousseter, porter, laver etc). Cependant « leur but n’est pas juste pratique. L’emphase devrait porter non sur le mot ‘pratique’ mais sur le mot ‘vie’ » Maria Montessori.

Cela aide à l’intégration de la personnalité humaine au travers d’un travail significatif tout en apprenant des habiletés pratiques.

Voici brièvement les objectifs derrière les activités de Vie Pratique:

Orientation and adaptation: L’enfant a besoin d’activités qui ont du sens et qui l’aident à se reconnaître, s’habituer, se retrouver dans son environnement physique mais aussi à connaître les habitudes sociales de sa culture. Pour cela, l’enfant doit avoir des routines, des habitudes qui ne seront pas changées, il a besoin de constance afin de satisfaire son sens de l’ordre. Plus tard, grâce à cet environnement sur lequel il peut compter, il développera une habileté à abstraire et s’adapter aux changements. Ses bases sont solides.

Control du mouvement: Grâce à ces activités, l’enfant travaille à la maîtrise de ses mouvements (motricité globale et fine) afin d’atteindre certains buts tels pouvoir porter un plateau sans le faire tomber, verser de l’eau sans faire déborder, déplacer sa chaise sans faire de bruit. Pratiquer ces habiletés l’aidera aussi à gérer des objets fragiles et tout cela mène au développement de la dignité et de l’estime de soi. Savoir que l’on peut contrôler son corps et s’adapter à ce qui nous entoure donne une grand sens de satisfaction à l’enfant. Le corps sert l’esprit et vice versa.

Développement de l’indépendance : L’enfant doit être capable d’utiliser sa propre volonté et d’acquérir son indépendance physique, il doit apprendre à se débrouiller et il le fera via certaines de ces activités. L’adulte doit respecter le travail de l’enfant et ne pas l’interrompre afin que ce dernier crée son indépendance. Cette autonomie n’est pas seulement physique ou même matérielle mais aussi intellectuelle et spirituelle. Comme Maria Montessori le disait « nous devons aider l’enfant à agir et penser par lui-même. »

 Comme Kahlil Gibran le dit dans son poème Les Enfants, « Ils sont les fils et les filles de l’appel de la vie à elle-même […] vous pouvez leur donner votre amour mais non vos pensées car ils ont leurs propres pensées.». Cela me parle lorsque je vois mes élèves chaque jour et particulièrement quand j’observe ma fille, je suis présente pour les aider à devenir les adultes de demain.

Développement de la concentration : Pour se concentrer, l’être humain doit pouvoir rester sur la même tâche et maintenir son attention jusqu’au point de concentration. Dans un premier temps, pour en arriver là, il faut que l’activité en question attire l’enfant, et voilà pourquoi le matériel utilisé est préparé attentivement par l’adulte. La beauté du matériel crée un intérêt qui est primordial pour que l’enfant y soit attentif. En étant capable de rester sur cette tâche assez longtemps, l’enfant peur travailler et se concentrer. La volonté dont on parlait auparavant peut se voir au niveau du choix de l’activité. Cela doit venir de l’enfant et il est important de respecter cette liberté de choix. S’il ne peut pas choisir, minces seront les chances de le voir se concentrer sur cette activité.

ET MAINTENANT VOILA LES IDEES D’ACTIVITES de VIE PRATIQUE que vous pouvez avoir à la maison !!! Cette une liste non-exhaustive, j’en donne encore plus aux familles avec qui je travaille personnellement.

3 endroits de la maison qui sont super pour la vie pratique sont :

cooking prep
Tout est prêt à être verser et mélanger!

La cuisine: se laver les mains à l’évier (tour d’apprentissage ou tabouret sont utiles pour que l’enfant puisse y avoir accès), verser dans un verre (eau, lait doivent être accessibles ainsi que les verres), mettre la table (cela peut commencer aussitôt que l’enfant peut marcher seul), transférer un aliment dans un bol et mélanger. J’ai aussi un plateau avec une activité de transfert d’eau à l’éponge (éponge à la taille de leur main) – c’est une activité qui renforce les muscles de la main et c’est amusant ! Laver/rincer la vaisselle ou vider et remplir le lave-vaisselle, laver la table, les chaises, laver les légumes avant de les préparer (il y a des brosses spéciales pour cela), couper une banane… et la liste continue. CUISINER est aussi amusant !!! Préparez les ingrédients et mesurez-les afin que l’enfant puisse les transférer dans un bol et mélanger.

Salle de bain et lingerie: se laver les mains au lavabo (là encore il faut une tour ou un tabouret sur lequel monter pour atteindre le robinet OU vous pouvez avoir une petite station avecun grand bol et un pichet avec de l’eau pour que votre enfant se lave les mains+ du savon, en pain, c’est amusant lorsque l’enfant a passé le stade oral), se brosser les dents (cela peut être disponible au lavabo ou à la station de l’enfant – la brosse à dents, et de quoi la ranger et le dentifrice prêt à l’emploi), transférer le linge du panier dans la machine ou de la machine vers la sécheuse etc, retrouver les chaussettes qui vont ensemble, plier son linge…

rake
16 months old – raking leaves

A l’extérieur: arroser les plantes, le jardin, balayer le balcon, râtisser les feuilles, utiliser une pelle (à leur taille) pour faire un trou et planter, semer des graines, porter du bois, des branches, pelleter la neige…

 

ET UN PEU PLUS:

  • Déchirer du papier (page d’un vieux journal ou magazine)
  • Epousseter
  • Serpiller
  • Laver les vitres
  • Faire son lit
  • Ouvrir et fermer des boites, bouteilles (cela peut commencer avant même qu’ils ne sachent marcher)
  • Cadenas et clé (peut être fait assez jeune en attachant la clé au cadenas avec une ficelle)
  • Verser du riz, de l’eau
  • Utiliser des ciseaux
  • Peindre
  • S’habiller (armoire à leur taille)

 

Si vous avez des question au sujet de ces activités, n’hésitez pas à me contacter !!!

 

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L’enfant dans la famille

Le titre « L’enfant dans la famille » est le titre de l’un de mes livres préférés de Maria Montessori. Aujourd’hui je voudrais parler de certains aspects importants que les gens ont tendance à oublier au sujet des enfants. Tous les citations sont des traductions (personnelles) de ce livre.

1 – Les bébés ne sont pas ceux qui devraient s’adapter à nos besoins lorsqu’ils sont nouveau-nés. Nous devrions être présents pour eux et les AIDER à être à l’aise afin de s’adapter à la lumière et aux bruits du monde dans lequel nous vivons. Nous, les adultes, ne sommes pas plus importants que nos bébés. Nous devons nous adapter les uns aux autres de manière respectueuse avec tout l’amour dont on peut faire preuve.

Rappelons nous qu’être un bébé est difficile :

« A la naissance, il est éjecté de sa maison {le ventre de sa maman} pour vivre à l’air libre. […] il est poussé d’un repos presque parfait vers un monde éreintant, celui d’être né. »

Nous pouvons préparer un accueil chaleureux pour le nouveu-né qui arrive dans ce monde :

« L’enfant nouveau-né doit être l’objet d’un soin savant, instruit. Porter un bébé doit aussi faire preuve de la plus grande délicatesse […] tendresse[…]. Ce petit être gracieux, que nous envahissons de choses matérielles et que nous traitons presque comme un jouet, devrait inspirer en nous une certaine vénération. »

 

2- N’oublions pas non plus les Périodes sensibles ou les Tendances Humaines. Il y a une chose que l’on a tendance à oublier lorsque l’enfant est jeune, il n’aime pas le changement !! Si vous vous sentez dépassé par cette obsession infantile de devoir voir et trouver les choses au même endroit constamment, lisez les articles que je viens de souligner et n’hésitez pas à m’envoyer un courriel pour poser vos questions. Je peux peut-être vous aider.

 «  L’enfant a ce besoin positif de toujours (re)trouver les objets à la même place et utilisés de manière habituelle. Si quiconque perturbe cet ordre familier, l’enfant en sera profondément offensé. »

3- Pour finir, je voudrais parler de ce qu’on appelle les mauvais comportements. Vous avez l’impression que votre enfant ne vous obéit pas, qu’il prend trop longtemps pour faire ce que vous voulez etc etc Je comprends, c’est frustrant et parfois exaspérant. Cependant, votre enfant ne fait rien de cela pour nous embêter. Si vous avez de la difficulté avec une crise ou des ‘mauvais comportements’ , il y a  une grande chance que votre enfant en souffre tout autant sinon plus ; nous devons nous rappeler que nous sommes les adultes et AIDER NOTRE ENFANT.

« Nous ne comprenons pas les actes des enfants en tant que tels et à la place, nous continuons à les voir comme des formes de mauvais comportements. »

Cette dernière partie illustre mon point sur la Discipline Positive. C’est un outil super afin de voir ces comportements de manière plus éclairée et pour nous aider (ainsi que notre enfant) à comprendre et à trouver les astuces pour les surmonter via une connaissance du développement de l’enfant.

Mon conseil est d’aller à la bibliothèque ou d’acheter un livre de discipline positive écrit par Jane Nelsen. Si ces livres (populaires) sont parfois non disponibles ou si vous n’avez pas le temps de lire, envoyez moi un message.

Après tout, il faut un village pour être parent.

Que savez-vous de la Discipline Positive ? Utilisez-vous des outils qui en viennent ?  Vous l’utilisez peut-être et ne le savez même pas !!!

 

Montessori à la maison (1): Désencombrer son espace.

Bonjour tout le monde !

Je suis de retour avec des trucs pour une maison Montessori. Cet article est au sujet du DESORDRE !!! L’un des premiers aspects que les gens voient dans un espace Montessori (maison ou classe) c’est le manque de désordre (là où les enfants vivent en tout cas).

C’est la mode de parler de rangement, de désencombrement que ce soit en suivant la méthode KonMari ou une autre approche minimaliste. C’est devenu un sujet important et pourquoi?… parce qu’on a TROP DE CHOSES ! Les gens ont souvent l’impression qu’ils sont possédés par leurs affaires au lieu du contraire et soyons honnêtes, nous vivons dans une société de consommation et cela n’aide en rien. Il y a des publicités partout et cela nous pousse à acheter et à nous encombrer.

Dans une maison faite pour la famille et donc les adultes et les enfants, l’idéal c’est de ne pas être encombré. Dans une maison Montessori, pas besoin de tous les jouets, d’y mettre tout son argent, si vous ne pouvez ou ne voulez pas. Adoptez Montessori, c’est bien plus que ça!

Tout d’abord, parlons de nos enfants et de ce que nous pouvons rendre plus facile pour eux et nous, afin de vivre dans un espace désencombré.

baby shelves
Notre fille et ses étagères… claires, jolies, attirantes, organisées lorsqu’elle avait 10-11 mois.

Quand on parle de choix, et l’éducation Montessori offre des choix à l’enfant, AVOIR MOINS EST UN PLUS. On ne donne pas trop de choix à l’enfant parce que cela deviendrait écrasant et oppressant (c’est le même sentiment que celui de devoir choisir un paquet de chips au supermarché !!! Trop de choix tue le choix !).

Dans notre maison, pour notre fille, nous avons une grande boite transparente avec des jouets et activités pour son stade de développement ( on la garde dans un placard ou pièce de rangement) et nous en gardons uniquement 6 sur son étagère dans la pièce principale. Cela suffit. Ces activités sont choisies en fonction de son développement et de son intérêt. Elles permettent de travailler le langage, la coordination oeil-main et l’art.

Elle ne se sent pas perdue ou oppressée et nous non plus. Son espace de travail/jeu est calme et elle sait où replacer ses activités lorsqu’elle a fini de les utiliser. Ne vous inquiétez pas s’il faut rappeler à votre enfant de ranger, cela arrive. Mais le moins vous aurez sur les étagères, le moins il y a à ranger.

En ce moment, pour notre fille de 21 mois, il y a des cartes de vocabulaire, des poupées russes, un puzzle, un panier de blocs en bois, un plateau avec du papier et des crayons et un panier de sacs de haricots (pour lancer, empiler, mettre sur la tête…). Certaines activités sont fermées (elles travaillent un seul objectif précis mais nous laissons aussi travailler son imagination si elle le veut) et d’autres sont des activités ouvertes pour la laisser exprimer sa créativité- cela permet aussi un plus longue concentration.

Le reste de la maison est aussi préparée pour elle et elle a de nombreuses activités de Vie Pratique qui sont accessibles et elle est libre de se déplacer dans la maison si on laisse les portes ouvertes. Le bureau est interdit par exemple.

Voilà ! Maintenant, pensez à comment vous pouvez vous débarrasser des jouets/activités en plus, ceux qui sont trop bruyants, trop colorés, trop oppressants, cassés, moches. Puis ensuite, rangez ce qui reste dans des boites transparentes et sortez-en uniquement 6 que vous mettrez dans la pièce de vie de l’enfant.

En purgeant les jouets, vous apportez ordre et paix à votre/vos enfant(s) : AVOIR MOINS EST UN PLUS.

Quels sont vos trucs et astuces pour ne pas vivre encombré ?

Si besoin d’aide personnalisée, contactez Maritime Montessori Consultation.

 

Quels livres lire à mon enfant ?

Comment choisir les livres de nos enfants dans un espace Montessori ?

Cette question est courante dans les groupes Montessori à travers le monde : Quel type de livres devrais-je avoir (acheter ou emprunter) pour mon enfant ?

Je réponds premièrement par une autre question : Quel âge à votre enfant ?

Parce que la réponse dépend du stade de développement de l’enfant.

Je vais donc me concentrer ici sur le premier stade (de la naissance à 6 ans) puisque c’est le plus difficile à comprendre parfois en terme de choix de lecture. Je vais essayer de faire simple et court.

fruits intérieur
Un livre simple de vocabulaire en français et en anglais. Les enfants ne s’en lassent pas. 
  • Pendant les 6 premières années de sa vie, l’enfant a un esprit absorbant et absorbe donc TOUT .Quelle que soit l’information, elle est gérée dans le cerveau de l’enfant et ce sont ces premières impressions qui lui donnent une idée du monde dans lequel il vit. Voilà pourquoi nous prenons le temps de créer des espaces adaptés à l’enfant.
  • Pendant ces 6 années, votre enfant ne peut gérer et comprendre que la réalité. Il ne peut pas résonner pour comprendre ce qui n’est pas concret ou réel. L’information est ingérée mais définitivement pas de la même manière qu’elle le sera quelques années plus tard. L’enfant aime ce qu’il voit, sent, touche, goûte, entend donc pour résumer tout ce qui passe pas les sens.

Maintenant, j’ai une question : basé sur ce que vous venez de lire, pensez-vous que les enfants peuvent comprendre les histoires fantastiques ou imaginaires, les personnages faux ou irréels ?

livres réels

La réponse est non. Votre enfant ne peut pas faire la différence entre le réel et l’imaginaire les premières années. Tout ce qui est fantastique est pris au premier degré comme si c’était la réalité. Voilà pourquoi beaucoup d’enfants dans leur premier stade de développement ont souvent peur de personnages (irréels) comme le Père Noël ou les monstres. Ils pensent que c’est réel. Personnellement, je ne veux pas mentir à mon enfant ou l’effrayer précocement et inutilement donc nous lisons des livres basés sur la réalité.

Tout cela est confirmé par les réactions de mes jeunes élèves, ils aiment les histoires auxquelles ils peuvent se rattacher et qui leur parlent. Nous lisons donc des livres parlant de cuisine, jardinage ou tout type d’activité commune et familière. Nous ne lisons pas vraiment de livres où les animaux parlent (parce que votre jeune enfant pense que l’animal parle). Imaginez la déception lorsque l’enfant vient parler à un chien qui ne lui répond pas dans sa langue. Nous lisons cependant des livres sur ce que font les animaux et leur vie dans leur environnement.

Et OUI nous nous amusons tout autant en lisant des livres réalistes, notre fille de 20 mois adore ses livres de vocabulaires (avec une préférence pour les images réelles plutôt que les dessins lorsqu’on peut en trouver dans les magasins). Nos élèves, un peu plus vieux (2,5/3 ans) adorent les livres où le personnage est un enfant qui fait des activités journalières et ils aiment parler de leurs activités après (ou pendant) la lecture.

J’espère que cela peut vous aider à choisir de bons livres adaptés au stade de développement de votre enfant.

Vers 6 ans, l’enfant commence à faire preuve d’abstraction et peut commencer à comprendre que, ce qui est fantastique ou imaginaire, n’est pas réel et peut finalement en apprécier l’aspect artistique littéraire. Il aura moins peur des monstres et autres personnages, il les verra avec plus de maturité.

N’oubliez jamais que votre a besoin de votre aide pour guider leur jeune cerveau à comprendre le monde. Le monde réel.

Quels sont vos livres réalistes préférés pour les jeunes enfants ?

 

Eloge ou reconnaissance : une perspective Montessori

Cela fait longtemps que je réfléchis à cet article et j’attendais d’être prête avant d’écrire sur un sujet tel que l’éloge ou la reconnaissance du travail de l’enfant (ou de l’adulte aussi d’ailleurs). C’est un sujet sensible quant il en est de l’estime de soi ou de la confiance en soi.

Dans le passé, on s’attendait à ce que les gens travaillent dur et on ne les complimentait que très peu. Au contraire, on critiquait souvent le résultat pensant que cela les aiderait à faire encore mieux. Quelques décennies plus tard, on tombe dans l’extrême contraire, nous avons commencé à louer le travail ou le comportement des enfants pensant, là aussi, que cela les motiverait à faire mieux. Et voilà qu’apparaissent les “BON TRAVAIL! et “BON GARçON, BONNE FILLE!”.

Au bout du compte, pour des personnes sans difficultés spécifiques, cela produit l’effet contraire sur le long terme.

De plus en plus d’études psychoogiques montrent que critiquer ou louer n’aide en rien l’estime ou la confiance en soi puisque cela ne représente qu’un jugement final de leur travail. Il est plutôt demandé de trouver un juste milieu. Montessori tombe dans la catégorie dumilieu.

pink tower process
C’est le processus de travail qui compte. 

Nous préférons parler de l’effort plutôt que du résultat, puisque pour arriver à un résultat final satisfaisant, il y a un processus à respecter, le cerveau apprend, laissons-lui le temps d’en arriver quelque part. C’est pour cela que l’on ne loue pas le résultat d’un travail ou le comportement d’un enfant. Cependant, nous reconnaissons qu’il y a une activité de faite, un effort, on reconnait le processus qui se met en place.

Quant au résultat, ne vous inquiétez pas, l’enfant saura lorsqu’il aura réussi. Les activités Montessori sont dotées d’un contrôl d’erreur qui permet à l’enfant, lorsqu’il est prêt, et qu’il a réussi, de voir/sentir en lui-même qu’il est arrivé au bout et qu’il a maitrisé l’activité.

 

 

 

Alors que dire au lieu de “Bon travail!” ou “C’est bien!” ou “Bon garçon, bonne fille!” ? 

Dans le monde Montessori :

  • Nous reconnaissons le résultat sans émettre un jugement sur celui-ci.  (« Tu as construit la tour rose”, “Tu m’as aidé à ranger la vaisselle, merci!”, “Tu as lu ce mot tout seul…)
  • Nous encourageons l’effort ou le processus (« Tu as mis beaucoup d’effort dans ce travail”, “Je vois que tu as utilisé beaucoup de vert, tu aimes le vert? ”)

L’important est de montrer que nous reconnaissons ce que l’enfant nous montre. Si c’est la première fois que l’enfant fait quelque chose, vous pouvez commenter sur le résultat mais rien ne vous y oblige surtout si l’enfant est encore très concentré sur son activité et ne demande aucune validation externe. L’enfant veut souvent juste voir que vous observez ce qui se passe. Respectez son espace et son travail !

happy smile
Heureuse de son travail, l’adulte n’a pas besoin de commenter. le sourire de l’enfant parle de lui-même. Son estime d’elle-même est naturellement renforcée. 

Nos activités Montessori sont réfléchies, l’environnement est préparé pour l’enfant et nous avons confiance en son esprit absorbant pour y arriver. Le résultat n’est pas immédiat et c’est une bonne chose. Cela permet à l’enfant d’apprendre le sens de l’effort, la persévérance sans se faire juger ou se sentir jugé. Nous voulons éviter le BESOIN de validation externe.

Une amie m’a dit, il y a peu de temps, que son mari a fait partie de ses enfants à qui on faisait des éloges et des commentaires sur tout ce qu’il faisait. Maintenant, il est adulte et a de la difficulté à comprendre pourquoi son patron ou ses collègues ne lui disent pas constamment que son travail est bien fait. Il a encore besoin de validation externe et son estime de lui-même en souffre. Comment va-t-il maintenant réussir à se sentir satisfait de son travail et de lui-même ?

Je finirais en disant: Vous pouvez être un parent fier de votre enfant, mais laissez votre enfant être fier de lui-même, sans vous.

Lorsque je suis fière de ma fille ou de mes élèves, je suis satisfaite du travail que cela a représenté de ma part et de la leur, je me récompense (un p’tit verre de ma boisson préférée, une p’tite douceur) mais je n’ai pas besoin d’intervenir dans leur processus de travail pour leur dire. Je laisse l’enfant construire sa confiance en soi.

Observez bien ces sourires de satisfaction lorsqu’ils ont fini ou qu’ils travaillent (peu importe le résultat, laissez le processus se faire), cela vaut tout l’or du monde.

 

Être un exemple pour l’esprit absorbant de notre enfant

Bonjour à tous et toutes !

En observant les enfants autour de moi (y compris ma fille de 19 mois), je remarque à quel point, ils voient, observent ce que nous faisons et comment nous le faisons. Ils prennent modèle sur nous, les adultes. On ne réalise pas toujours à quel point nous avons de l’influence sur eux.

Comme vous le savez, l’enfant a un esprit absorbant et peut voir, entendre, sentir tout ce qui se passe autour de lui. Vous avez peut-être l’impression que ce n’est pas le cas lorsque votre enfant ne semble pas écouter ce que vous voulez de lui – cependant, attendez 10 secondes et parfois l’enfant finit par le faire, c’est le temps qu’il lui faut pour gérer l’information reçue; cela marche avec ma fille et si ça ne marche pas, elle dit simplement ‘non’.

Depuis sa naissance (ou même sa conception), l’enfant absorbe tout ce qu’il y a autour de lui et gère l’information comme c’est le cas pour l’apprentissage des langues par exemple. Une chose que je remarque de plus en plus c’est à quel point les enfants observent tout ce que nous faisons ou disons, TOUT, bien ou mal.

Quand je les entends utiliser des mots ou espressions que les adultes utilisent, je realise l’influence que nous avons sur eux – parfois pour le meilleur, mais parfois… pour le pire.

Je vais donc vous donner des exemples qui peuvent vous faire réfléchir, juste un petit rappel.

Est-ce que votre enfant crie ? Vous ne vous rendez pas nécessairement compte que vous élevez la voix plus que vous ne le voudriez. Votre enfant fait donc la même chose.

Est-ce que votre enfant jette ses affaires lorsqu’il se déshabille ? Vous ne vous rendez pas nécessairement compte que vous jetez votre manteau, gants, écharpe, chaussures lorsque vous les enlevez pour aller plus vite. C’est un aspect que je surveille puisque ma fille a un sens de l’ordre très développé et basé sur le modèle que nous lui donnons.

Ne vous inquiétez pas, même les enseignants et parents Montessori le font de temps à autre. Lorsque c’est le cas, je prends du recul et je ralentis. J’ai parfois l’impression que je n’ai pas le temps de ralentir mais je ralentis quand même, par respect.

Parce que mon enfant m’observe. Parce que mon enfant est important. Parce que je montre le chemin pour son avenir. Parce que je suis leur modèle et qu’il a un esprit absorbant.

 

tea and book

Rappelez-vous de prendre du temps pour vous afin d’être capable de prendre du temps avec eux. 

La propreté – notre chemin de 3 à 18 mois

Bonjour tout le monde,

Je suis ravie de pouvoir finalement parler de Propreté aux toilettes. Pourquoi me direz-vous ?  Bien parce qu’il semble que partout où je me tourne il y ait une famille en train de trouver un moyen pour que leur enfant soit propre, je vois des livres sur le sujet afin que les parents puissent faire en sorte que leur enfant soit propre, du premier coup et rapidement.

Dans le monde Montessori, nous suivons l’enfant comme notre guide et nous nous assurons que l’enfant soit respecté, donc, au lieu de stresser et se dépêcher à faire en sorte que l’enfant soit propre, nous prenons notre temps.

Mais avant de vous dire où nous en sommes, voilà un peu d’information utile pour comprendre d’où je viens. Je suis née et ai grandi en France. J’ai beaucoup d’enfants dans mon entourage familial et amical et honnêtement, nous n’avons jamais ou très peu parlé d’entraînement à la propreté, comparé à l’Amérique du Nord (où je vis maintenant). J’ai demandé à ma maman et d’autres mamans venant de France au sujet de la propreté et en effet, je n’ai pas ressenti de stress, de complications. Cela a l’air de se faire au fur et à mesure. COMMENT ? Tout le monde a l’air de s’y prendre plus tôt (avant 2 ans ou juste après), les enfants sont sans couche et/ou avec une culotte et le pot est mis à disposition, une petite discussion sur le pot, les toilettes se fait dans certaines familles et… avec le temps… l’enfant est prêt à faire pipi/caca dans le pot/ toilettes. Il y a  des ‘accidents’ , ce qui est normal et voilà ! A les entendre, c’est facile! Je veux ajouter que en France, l’école commence à 3 ans (ou 2,5 ans) donc les enfants sont généralement propres sans souci pour la rentrée. J’ai travaillé avec les enfants de cet âge en France et, hormis quelques accidents, en effet, je ne me posais pas même la question en classe. Les enfants étaient propres et allaient d’eux-mêmes aux toilettes et nous leur rappelions de temps à autre comme avant la récré ou avant la sieste. Selon ma maman, j’étais propre à 21 mois et mes frères aux alentours de 22-23 mois. Alors moi je dis… Pourquoi pas?!!

Maintenant, revenons à nos moutons, ici à la maison. J’ai lu, lu et relu, parlé à plein de gens et je me suis sentie un peu perdue sur ce qui marche ou non et le stress ressenti par certains parents – car personne ne nous donne le manuel à la maternité ! Mon mari et moi avons décidé de suivre de conseils d’éducateurs ou parents Montessori et voilà notre sauce :

  • Notre fille est en couches lavables depuis la naissance (à l’exception de la nuit ou en voyage). Les couches lavables permettent à l’enfant de sentir l’humidité et a conscience, très tôt que faire pipi/caca dans sa couche, c’est désagréable. Croyez-moi, ça aide grandement. Elle nous a toujours ‘dit’ lorsqu’elle était mouillée et c’est encore le cas à 18 mois. Elle commence doucement à nous indiquer son envie de faire pipi avant que cela n’arrive. Nous allons sur le pot dès qu’elle indique que quelque chose se passe dans ce domaine. Parfois, la couche est mouillée, parfois sèche et elle va sur le pot sans souci.
ALexis potty 3 m
Âgée d’un peu plus de 3 mois, notre fille a toujours aimé son pot et a même le sourire aux lèvres. 
  • Notre fille va sur le pot depuis l’âge d’environ 3,5 mois, c’est-à-dire dès qu’elle était à l’aise pour se tenir assise avec de l’aide. Nous la tenions par sécurité, jusqu’à ce qu’elle nous repousse 😊 Nous avions un pot Babybjorn, très pratique pour les tout-petits et mon mari a été dévoué à ce qu’elle aille sur le pot à chaque fois qu’elle exprimait un inconfort au niveau de la couche. Après quelques semaines, elle faisait pipi dans le pot pratiquement à chaque fois (et aussi dans la couche, ce qui est normal). Nous n’avons jamais mis l’accent sur ce système, nous l’avons adopté et elle aime son pot et n’en a jamais eu peur, il fait partie de notre ‘mobilier’.
  • Lorsque l’enfant montre qu’il est prêt (pipi/caca dans la couche en se cachant dans un coin, l’enfant indique, verbalement ou par geste, qu’il est mouillé) les couches peuvent disparaître au profit de culottes de propreté (culottes avec une épaisseur au milieu pour retenir un peu de pipi mais pas tout, donc l’enfant sent que ça descend).

Ensuite, cela va dépendre de chaque enfant et comment il se sent autour du pot ou des toilettes. Comme je l’ai dit plus tôt, vous pouvez juste suivre l’enfant et s’il y a du pipi dans la culotte, lui faire (ou l’aider à l’)enlever, passer sur le pot pour finir si besoin, s’essuyer et mettre une culotte propre. Après un certain temps, l’enfant ira aux toilettes sans ‘accident’. D’autres parents rappellent à l’enfant d’aller aux toilettes régulièrement (pour éviter les ‘accidents’ autant que possible) et là aussi, après un certain temps, l’enfant pourra y aller de lui-même.

 

Cela fait partie de la vie de chaque famille. Prenez votre temps, suivez votre enfant et choisissez des couches et culottes mignonnes, ça rend les choses plus sympas !

bathroom set up
18 mois – Voilà notre espace pot dans la salle de bain: un panier avec couches et lingettes lavables ET un livre, le pot (celui-ci est un IKEA et marche très bien) et un petit tabouret pour s’assoir lorsqu’elle doit se déshabiller ou s’habiller. 

A la maison, notre fille a 18 mois et montre plein de signes qu’elle prête. Elle a encore ses couches lavables et est capable de nous dire (« caca » est son mot pour pipi, caca, toilettes, et pot) lorsqu’elle a besoin de faire pipi ou lorsqu’elle vient juste de le faire. Cela fait une semaine qu’elle a une couche sèche et qu’elle fait pipi dans le pot plusieurs fois par jour. Elle est en marche vers la propreté d’elle-même.

 

Dès que le temps est assez chaud pour être sans pantalon, elle sera en culotte de propreté et advienne que pourra !!!! Nous sommes en marche vers la dernière étape sur le chemin de la propreté.

Pas de stress, juste du pipi dans le pot !

J’espère que vous pouvez aussi vous sentir à l’aise avec la propreté de votre enfant. Qu’elle est votre expérience dans ce domaine ?