Un début d’anné scolaire sous le thème de la pomme.

Chers parents, grands-parents, enseignants et amoureux d’éducation,

 

Après un été rempli de visites familiales et de chaleur, nous voilà de retour pour une nouvelle année scolaire.

Les températures baissent, nous vivons avec les conséquences de l’ouragan Dorian et je suis heureuse que nous soyons en sécurité et prêts à affronter une nouvelle année.

Les enfants suivent les horaires d’école régulier et notre cycle de travail de 3 heures est de retour. J’ai donc pris le temps de choisir nos livres de classe et quoi de mieux que les pommes pour commencer nos lectures de l’année ?! Parler des pommes et de l’automne qui approche est fascinant. Voilà donc ce qui se passe ce mois-ci :

Langage:

books about apples september

 

Nous parlons de pommes via les livres suivants pendant les temps de groupe ou temps de lecture impromptu. Cela ouvre de multiples possibilités, nous pouvons aussi bien parler de saisons et températures qui changent que des mots pour décrire le goût des pommes. Lorsque les enfants mènent la conversation, cela peut être vraiment intéressant :

 

 

Vie Pratique:

Si on ne mange pas les pommes, alors on peut les peler, les couper, les faire cuire etc. Hier, nous avons fait de la compote de pommes ! Un délice ! Allez voir nos photos sur instagram, vous en verrez plus. Je suis donc inspirée à l’idée de faire plus de gourmandises aux pommes telles des chaussons aux pommes ou des tartes aux pommes.

Nous verrons où les prochains jours et semaines nous mènent. Les enfants ont adoré travailler pour faire la compote et ils ont grandement apprécié la compote pendant la collation.

Tout cela est possible à la maison aussi. Pourquoi pas trouver une pommeraie où aller cueillir nos propres pommes pendant la fin de semaine ?! 

 

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Je suis un petit enfant…

L’article de cette semaine est un peu différent. Cela fait longtemps que j’y pense.

Quand je pense aux jeunes enfants dont je m’occupe, ou dont je me suis occupée en France, quand j’observe ma fille (2 ans) passer de bons et mauvais moments, ce qui définit leur vie, je ne peux m’empêcher d’imaginer ce qu’ils ressentent ou ce qu’ils voudraient que l’on comprenne. Cette petite voix dans ma tête qui résonne à chaque fois que j’entends un enfant dire non ou s’assoir par terre en crise de larmes. C’est un bon exercice pour nous, adultes, de penser à ce que l’enfant ressent. Observez et imaginez ce qu’ils nous diraient s’ils le pouvaient.

« Je suis un petit enfant, pas un bébé. Je peux faire les choses moi-même, je veux faire les choses tout seul, je veux que tu m’aides mais pas que tu m’aides comme un adulte sans patience. Les adultes sont stressants et stressés, je le sens, ils montent et descendent les escaliers tellement vite mais ils n’ont pas l’air de s’amuser. Ils veulent toujours que j’aille vite et ce n’est pas drôle. Si je ne vais pas assez vite, ils sont en colère, je ne comprends pas bien pourquoi. Ensuite, ils me poussent à faire les choses vite vite vite ! Si je ne le fais pas comme ils le veulent, ils le font pour moi et ça, ça me met en colère, parce que je sais comment faire mais j’ai mon propre rythme. Je suis une personne, ma propre personne.

J’aime prendre des décisions, pour moi (et parfois pour les autres aussi). J’aime l’ordre et la routine, cela me rassure, comme une encre stabilise un bateau, j’ai moins peur.  Lorsque les choses changent tout le temps- les adultes ont toujours de bonnes raisons- j’ai peur, je me sens perdu et je ne peux pas vraiment le dire, parfois, personne ne m’écoute alors je PLEURE et je CRIE.

Mes émotions sont explosives et je ne peux pas me calmer – pas encore du moins, j’ai besoin de temps. Parfois, j’ai besoin d’espace. Parfois j’ai besoin de quelqu’un et d’un câlin. J’ai besoin que ceux qui me guident dans ma vie sachent que je suis plein d’amour, de curiosité et je veux juste être en contact avec eux afin de comprendre ce monde dans lequel j’ai été projeté.

Je ne veux pas mettre mon manteau pour aller dehors parce que là, je suis concentré sur autre chose. Je ne veux pas arrêter de sauter dans les flaques parce que c’est amusant et je vis le moment présent.

Je m’assois, me lance par terre, je crie et pleure parce que personne ne semble comprendre – peut-être ont-il oublié – qu’être un enfant c’est difficile.

Je veux faire par moi-même. Je veux porter mon t-shirt vert aujourd’hui. Je veux mettre mes chaussures tout seul, même si on est en retard, je me fiche qu’on soit en retard, je suis ici pour apprendre, je suis ici pour aimer et être aimé afin de grandir confiant et capable d’affronter la vie. »

 

Essayons de ralentir et de vivre heureux pour la santé de notre famille et pour nos enfants qui grandissent. Souvenez-vous que si une situation et difficile pour vous, alors elle est souvent encore plus difficile pour votre petit enfant.

 

Montessori à la maison (2): la Vie Pratique

Me voilà de retour avec des astuces pour une maison à la Montessori. Cette fois-ci nous parlerons d’activités de Vie Pratique.

Qu’est-ce que la Vie Pratique et pourquoi les enfants en ont-ils besoin ? est peut-être une question que vous vous posez.

Cette aire de travail est la première dans une classe Montessori, la première à être présentée et aussi celle que les enfants semblent demander naturellement. C’est aussi celle qui est aisée à mettre en pratique à la maison.

learning tower
A 11 mois, notre fille observait et goûtait ce que nous préparions dans la cuisine

Le travail de vie pratique aide au développement de l’être tout entier, physique, mental et moral et ses différentes activités aident au développement total de l’enfant.

Cela implique un aspect ‘pratique’ puisque les activités sont celles reliées à la vie quotidienne (épousseter, porter, laver etc). Cependant « leur but n’est pas juste pratique. L’emphase devrait porter non sur le mot ‘pratique’ mais sur le mot ‘vie’ » Maria Montessori.

Cela aide à l’intégration de la personnalité humaine au travers d’un travail significatif tout en apprenant des habiletés pratiques.

Voici brièvement les objectifs derrière les activités de Vie Pratique:

Orientation and adaptation: L’enfant a besoin d’activités qui ont du sens et qui l’aident à se reconnaître, s’habituer, se retrouver dans son environnement physique mais aussi à connaître les habitudes sociales de sa culture. Pour cela, l’enfant doit avoir des routines, des habitudes qui ne seront pas changées, il a besoin de constance afin de satisfaire son sens de l’ordre. Plus tard, grâce à cet environnement sur lequel il peut compter, il développera une habileté à abstraire et s’adapter aux changements. Ses bases sont solides.

Control du mouvement: Grâce à ces activités, l’enfant travaille à la maîtrise de ses mouvements (motricité globale et fine) afin d’atteindre certains buts tels pouvoir porter un plateau sans le faire tomber, verser de l’eau sans faire déborder, déplacer sa chaise sans faire de bruit. Pratiquer ces habiletés l’aidera aussi à gérer des objets fragiles et tout cela mène au développement de la dignité et de l’estime de soi. Savoir que l’on peut contrôler son corps et s’adapter à ce qui nous entoure donne une grand sens de satisfaction à l’enfant. Le corps sert l’esprit et vice versa.

Développement de l’indépendance : L’enfant doit être capable d’utiliser sa propre volonté et d’acquérir son indépendance physique, il doit apprendre à se débrouiller et il le fera via certaines de ces activités. L’adulte doit respecter le travail de l’enfant et ne pas l’interrompre afin que ce dernier crée son indépendance. Cette autonomie n’est pas seulement physique ou même matérielle mais aussi intellectuelle et spirituelle. Comme Maria Montessori le disait « nous devons aider l’enfant à agir et penser par lui-même. »

 Comme Kahlil Gibran le dit dans son poème Les Enfants, « Ils sont les fils et les filles de l’appel de la vie à elle-même […] vous pouvez leur donner votre amour mais non vos pensées car ils ont leurs propres pensées.». Cela me parle lorsque je vois mes élèves chaque jour et particulièrement quand j’observe ma fille, je suis présente pour les aider à devenir les adultes de demain.

Développement de la concentration : Pour se concentrer, l’être humain doit pouvoir rester sur la même tâche et maintenir son attention jusqu’au point de concentration. Dans un premier temps, pour en arriver là, il faut que l’activité en question attire l’enfant, et voilà pourquoi le matériel utilisé est préparé attentivement par l’adulte. La beauté du matériel crée un intérêt qui est primordial pour que l’enfant y soit attentif. En étant capable de rester sur cette tâche assez longtemps, l’enfant peur travailler et se concentrer. La volonté dont on parlait auparavant peut se voir au niveau du choix de l’activité. Cela doit venir de l’enfant et il est important de respecter cette liberté de choix. S’il ne peut pas choisir, minces seront les chances de le voir se concentrer sur cette activité.

ET MAINTENANT VOILA LES IDEES D’ACTIVITES de VIE PRATIQUE que vous pouvez avoir à la maison !!! Cette une liste non-exhaustive, j’en donne encore plus aux familles avec qui je travaille personnellement.

3 endroits de la maison qui sont super pour la vie pratique sont :

cooking prep
Tout est prêt à être verser et mélanger!

La cuisine: se laver les mains à l’évier (tour d’apprentissage ou tabouret sont utiles pour que l’enfant puisse y avoir accès), verser dans un verre (eau, lait doivent être accessibles ainsi que les verres), mettre la table (cela peut commencer aussitôt que l’enfant peut marcher seul), transférer un aliment dans un bol et mélanger. J’ai aussi un plateau avec une activité de transfert d’eau à l’éponge (éponge à la taille de leur main) – c’est une activité qui renforce les muscles de la main et c’est amusant ! Laver/rincer la vaisselle ou vider et remplir le lave-vaisselle, laver la table, les chaises, laver les légumes avant de les préparer (il y a des brosses spéciales pour cela), couper une banane… et la liste continue. CUISINER est aussi amusant !!! Préparez les ingrédients et mesurez-les afin que l’enfant puisse les transférer dans un bol et mélanger.

Salle de bain et lingerie: se laver les mains au lavabo (là encore il faut une tour ou un tabouret sur lequel monter pour atteindre le robinet OU vous pouvez avoir une petite station avecun grand bol et un pichet avec de l’eau pour que votre enfant se lave les mains+ du savon, en pain, c’est amusant lorsque l’enfant a passé le stade oral), se brosser les dents (cela peut être disponible au lavabo ou à la station de l’enfant – la brosse à dents, et de quoi la ranger et le dentifrice prêt à l’emploi), transférer le linge du panier dans la machine ou de la machine vers la sécheuse etc, retrouver les chaussettes qui vont ensemble, plier son linge…

rake
16 months old – raking leaves

A l’extérieur: arroser les plantes, le jardin, balayer le balcon, râtisser les feuilles, utiliser une pelle (à leur taille) pour faire un trou et planter, semer des graines, porter du bois, des branches, pelleter la neige…

 

ET UN PEU PLUS:

  • Déchirer du papier (page d’un vieux journal ou magazine)
  • Epousseter
  • Serpiller
  • Laver les vitres
  • Faire son lit
  • Ouvrir et fermer des boites, bouteilles (cela peut commencer avant même qu’ils ne sachent marcher)
  • Cadenas et clé (peut être fait assez jeune en attachant la clé au cadenas avec une ficelle)
  • Verser du riz, de l’eau
  • Utiliser des ciseaux
  • Peindre
  • S’habiller (armoire à leur taille)

 

Si vous avez des question au sujet de ces activités, n’hésitez pas à me contacter !!!

 

L’enfant dans la famille

Le titre « L’enfant dans la famille » est le titre de l’un de mes livres préférés de Maria Montessori. Aujourd’hui je voudrais parler de certains aspects importants que les gens ont tendance à oublier au sujet des enfants. Tous les citations sont des traductions (personnelles) de ce livre.

1 – Les bébés ne sont pas ceux qui devraient s’adapter à nos besoins lorsqu’ils sont nouveau-nés. Nous devrions être présents pour eux et les AIDER à être à l’aise afin de s’adapter à la lumière et aux bruits du monde dans lequel nous vivons. Nous, les adultes, ne sommes pas plus importants que nos bébés. Nous devons nous adapter les uns aux autres de manière respectueuse avec tout l’amour dont on peut faire preuve.

Rappelons nous qu’être un bébé est difficile :

« A la naissance, il est éjecté de sa maison {le ventre de sa maman} pour vivre à l’air libre. […] il est poussé d’un repos presque parfait vers un monde éreintant, celui d’être né. »

Nous pouvons préparer un accueil chaleureux pour le nouveu-né qui arrive dans ce monde :

« L’enfant nouveau-né doit être l’objet d’un soin savant, instruit. Porter un bébé doit aussi faire preuve de la plus grande délicatesse […] tendresse[…]. Ce petit être gracieux, que nous envahissons de choses matérielles et que nous traitons presque comme un jouet, devrait inspirer en nous une certaine vénération. »

 

2- N’oublions pas non plus les Périodes sensibles ou les Tendances Humaines. Il y a une chose que l’on a tendance à oublier lorsque l’enfant est jeune, il n’aime pas le changement !! Si vous vous sentez dépassé par cette obsession infantile de devoir voir et trouver les choses au même endroit constamment, lisez les articles que je viens de souligner et n’hésitez pas à m’envoyer un courriel pour poser vos questions. Je peux peut-être vous aider.

 «  L’enfant a ce besoin positif de toujours (re)trouver les objets à la même place et utilisés de manière habituelle. Si quiconque perturbe cet ordre familier, l’enfant en sera profondément offensé. »

3- Pour finir, je voudrais parler de ce qu’on appelle les mauvais comportements. Vous avez l’impression que votre enfant ne vous obéit pas, qu’il prend trop longtemps pour faire ce que vous voulez etc etc Je comprends, c’est frustrant et parfois exaspérant. Cependant, votre enfant ne fait rien de cela pour nous embêter. Si vous avez de la difficulté avec une crise ou des ‘mauvais comportements’ , il y a  une grande chance que votre enfant en souffre tout autant sinon plus ; nous devons nous rappeler que nous sommes les adultes et AIDER NOTRE ENFANT.

« Nous ne comprenons pas les actes des enfants en tant que tels et à la place, nous continuons à les voir comme des formes de mauvais comportements. »

Cette dernière partie illustre mon point sur la Discipline Positive. C’est un outil super afin de voir ces comportements de manière plus éclairée et pour nous aider (ainsi que notre enfant) à comprendre et à trouver les astuces pour les surmonter via une connaissance du développement de l’enfant.

Mon conseil est d’aller à la bibliothèque ou d’acheter un livre de discipline positive écrit par Jane Nelsen. Si ces livres (populaires) sont parfois non disponibles ou si vous n’avez pas le temps de lire, envoyez moi un message.

Après tout, il faut un village pour être parent.

Que savez-vous de la Discipline Positive ? Utilisez-vous des outils qui en viennent ?  Vous l’utilisez peut-être et ne le savez même pas !!!

 

Montessori à la maison (1): Désencombrer son espace.

Bonjour tout le monde !

Je suis de retour avec des trucs pour une maison Montessori. Cet article est au sujet du DESORDRE !!! L’un des premiers aspects que les gens voient dans un espace Montessori (maison ou classe) c’est le manque de désordre (là où les enfants vivent en tout cas).

C’est la mode de parler de rangement, de désencombrement que ce soit en suivant la méthode KonMari ou une autre approche minimaliste. C’est devenu un sujet important et pourquoi?… parce qu’on a TROP DE CHOSES ! Les gens ont souvent l’impression qu’ils sont possédés par leurs affaires au lieu du contraire et soyons honnêtes, nous vivons dans une société de consommation et cela n’aide en rien. Il y a des publicités partout et cela nous pousse à acheter et à nous encombrer.

Dans une maison faite pour la famille et donc les adultes et les enfants, l’idéal c’est de ne pas être encombré. Dans une maison Montessori, pas besoin de tous les jouets, d’y mettre tout son argent, si vous ne pouvez ou ne voulez pas. Adoptez Montessori, c’est bien plus que ça!

Tout d’abord, parlons de nos enfants et de ce que nous pouvons rendre plus facile pour eux et nous, afin de vivre dans un espace désencombré.

baby shelves
Notre fille et ses étagères… claires, jolies, attirantes, organisées lorsqu’elle avait 10-11 mois.

Quand on parle de choix, et l’éducation Montessori offre des choix à l’enfant, AVOIR MOINS EST UN PLUS. On ne donne pas trop de choix à l’enfant parce que cela deviendrait écrasant et oppressant (c’est le même sentiment que celui de devoir choisir un paquet de chips au supermarché !!! Trop de choix tue le choix !).

Dans notre maison, pour notre fille, nous avons une grande boite transparente avec des jouets et activités pour son stade de développement ( on la garde dans un placard ou pièce de rangement) et nous en gardons uniquement 6 sur son étagère dans la pièce principale. Cela suffit. Ces activités sont choisies en fonction de son développement et de son intérêt. Elles permettent de travailler le langage, la coordination oeil-main et l’art.

Elle ne se sent pas perdue ou oppressée et nous non plus. Son espace de travail/jeu est calme et elle sait où replacer ses activités lorsqu’elle a fini de les utiliser. Ne vous inquiétez pas s’il faut rappeler à votre enfant de ranger, cela arrive. Mais le moins vous aurez sur les étagères, le moins il y a à ranger.

En ce moment, pour notre fille de 21 mois, il y a des cartes de vocabulaire, des poupées russes, un puzzle, un panier de blocs en bois, un plateau avec du papier et des crayons et un panier de sacs de haricots (pour lancer, empiler, mettre sur la tête…). Certaines activités sont fermées (elles travaillent un seul objectif précis mais nous laissons aussi travailler son imagination si elle le veut) et d’autres sont des activités ouvertes pour la laisser exprimer sa créativité- cela permet aussi un plus longue concentration.

Le reste de la maison est aussi préparée pour elle et elle a de nombreuses activités de Vie Pratique qui sont accessibles et elle est libre de se déplacer dans la maison si on laisse les portes ouvertes. Le bureau est interdit par exemple.

Voilà ! Maintenant, pensez à comment vous pouvez vous débarrasser des jouets/activités en plus, ceux qui sont trop bruyants, trop colorés, trop oppressants, cassés, moches. Puis ensuite, rangez ce qui reste dans des boites transparentes et sortez-en uniquement 6 que vous mettrez dans la pièce de vie de l’enfant.

En purgeant les jouets, vous apportez ordre et paix à votre/vos enfant(s) : AVOIR MOINS EST UN PLUS.

Quels sont vos trucs et astuces pour ne pas vivre encombré ?

Si besoin d’aide personnalisée, contactez Maritime Montessori Consultation.

 

Quels livres lire à mon enfant ?

Comment choisir les livres de nos enfants dans un espace Montessori ?

Cette question est courante dans les groupes Montessori à travers le monde : Quel type de livres devrais-je avoir (acheter ou emprunter) pour mon enfant ?

Je réponds premièrement par une autre question : Quel âge à votre enfant ?

Parce que la réponse dépend du stade de développement de l’enfant.

Je vais donc me concentrer ici sur le premier stade (de la naissance à 6 ans) puisque c’est le plus difficile à comprendre parfois en terme de choix de lecture. Je vais essayer de faire simple et court.

fruits intérieur
Un livre simple de vocabulaire en français et en anglais. Les enfants ne s’en lassent pas. 
  • Pendant les 6 premières années de sa vie, l’enfant a un esprit absorbant et absorbe donc TOUT .Quelle que soit l’information, elle est gérée dans le cerveau de l’enfant et ce sont ces premières impressions qui lui donnent une idée du monde dans lequel il vit. Voilà pourquoi nous prenons le temps de créer des espaces adaptés à l’enfant.
  • Pendant ces 6 années, votre enfant ne peut gérer et comprendre que la réalité. Il ne peut pas résonner pour comprendre ce qui n’est pas concret ou réel. L’information est ingérée mais définitivement pas de la même manière qu’elle le sera quelques années plus tard. L’enfant aime ce qu’il voit, sent, touche, goûte, entend donc pour résumer tout ce qui passe pas les sens.

Maintenant, j’ai une question : basé sur ce que vous venez de lire, pensez-vous que les enfants peuvent comprendre les histoires fantastiques ou imaginaires, les personnages faux ou irréels ?

livres réels

La réponse est non. Votre enfant ne peut pas faire la différence entre le réel et l’imaginaire les premières années. Tout ce qui est fantastique est pris au premier degré comme si c’était la réalité. Voilà pourquoi beaucoup d’enfants dans leur premier stade de développement ont souvent peur de personnages (irréels) comme le Père Noël ou les monstres. Ils pensent que c’est réel. Personnellement, je ne veux pas mentir à mon enfant ou l’effrayer précocement et inutilement donc nous lisons des livres basés sur la réalité.

Tout cela est confirmé par les réactions de mes jeunes élèves, ils aiment les histoires auxquelles ils peuvent se rattacher et qui leur parlent. Nous lisons donc des livres parlant de cuisine, jardinage ou tout type d’activité commune et familière. Nous ne lisons pas vraiment de livres où les animaux parlent (parce que votre jeune enfant pense que l’animal parle). Imaginez la déception lorsque l’enfant vient parler à un chien qui ne lui répond pas dans sa langue. Nous lisons cependant des livres sur ce que font les animaux et leur vie dans leur environnement.

Et OUI nous nous amusons tout autant en lisant des livres réalistes, notre fille de 20 mois adore ses livres de vocabulaires (avec une préférence pour les images réelles plutôt que les dessins lorsqu’on peut en trouver dans les magasins). Nos élèves, un peu plus vieux (2,5/3 ans) adorent les livres où le personnage est un enfant qui fait des activités journalières et ils aiment parler de leurs activités après (ou pendant) la lecture.

J’espère que cela peut vous aider à choisir de bons livres adaptés au stade de développement de votre enfant.

Vers 6 ans, l’enfant commence à faire preuve d’abstraction et peut commencer à comprendre que, ce qui est fantastique ou imaginaire, n’est pas réel et peut finalement en apprécier l’aspect artistique littéraire. Il aura moins peur des monstres et autres personnages, il les verra avec plus de maturité.

N’oubliez jamais que votre a besoin de votre aide pour guider leur jeune cerveau à comprendre le monde. Le monde réel.

Quels sont vos livres réalistes préférés pour les jeunes enfants ?

 

Eloge ou reconnaissance : une perspective Montessori

Cela fait longtemps que je réfléchis à cet article et j’attendais d’être prête avant d’écrire sur un sujet tel que l’éloge ou la reconnaissance du travail de l’enfant (ou de l’adulte aussi d’ailleurs). C’est un sujet sensible quant il en est de l’estime de soi ou de la confiance en soi.

Dans le passé, on s’attendait à ce que les gens travaillent dur et on ne les complimentait que très peu. Au contraire, on critiquait souvent le résultat pensant que cela les aiderait à faire encore mieux. Quelques décennies plus tard, on tombe dans l’extrême contraire, nous avons commencé à louer le travail ou le comportement des enfants pensant, là aussi, que cela les motiverait à faire mieux. Et voilà qu’apparaissent les “BON TRAVAIL! et “BON GARçON, BONNE FILLE!”.

Au bout du compte, pour des personnes sans difficultés spécifiques, cela produit l’effet contraire sur le long terme.

De plus en plus d’études psychoogiques montrent que critiquer ou louer n’aide en rien l’estime ou la confiance en soi puisque cela ne représente qu’un jugement final de leur travail. Il est plutôt demandé de trouver un juste milieu. Montessori tombe dans la catégorie dumilieu.

pink tower process
C’est le processus de travail qui compte. 

Nous préférons parler de l’effort plutôt que du résultat, puisque pour arriver à un résultat final satisfaisant, il y a un processus à respecter, le cerveau apprend, laissons-lui le temps d’en arriver quelque part. C’est pour cela que l’on ne loue pas le résultat d’un travail ou le comportement d’un enfant. Cependant, nous reconnaissons qu’il y a une activité de faite, un effort, on reconnait le processus qui se met en place.

Quant au résultat, ne vous inquiétez pas, l’enfant saura lorsqu’il aura réussi. Les activités Montessori sont dotées d’un contrôl d’erreur qui permet à l’enfant, lorsqu’il est prêt, et qu’il a réussi, de voir/sentir en lui-même qu’il est arrivé au bout et qu’il a maitrisé l’activité.

 

 

 

Alors que dire au lieu de “Bon travail!” ou “C’est bien!” ou “Bon garçon, bonne fille!” ? 

Dans le monde Montessori :

  • Nous reconnaissons le résultat sans émettre un jugement sur celui-ci.  (« Tu as construit la tour rose”, “Tu m’as aidé à ranger la vaisselle, merci!”, “Tu as lu ce mot tout seul…)
  • Nous encourageons l’effort ou le processus (« Tu as mis beaucoup d’effort dans ce travail”, “Je vois que tu as utilisé beaucoup de vert, tu aimes le vert? ”)

L’important est de montrer que nous reconnaissons ce que l’enfant nous montre. Si c’est la première fois que l’enfant fait quelque chose, vous pouvez commenter sur le résultat mais rien ne vous y oblige surtout si l’enfant est encore très concentré sur son activité et ne demande aucune validation externe. L’enfant veut souvent juste voir que vous observez ce qui se passe. Respectez son espace et son travail !

happy smile
Heureuse de son travail, l’adulte n’a pas besoin de commenter. le sourire de l’enfant parle de lui-même. Son estime d’elle-même est naturellement renforcée. 

Nos activités Montessori sont réfléchies, l’environnement est préparé pour l’enfant et nous avons confiance en son esprit absorbant pour y arriver. Le résultat n’est pas immédiat et c’est une bonne chose. Cela permet à l’enfant d’apprendre le sens de l’effort, la persévérance sans se faire juger ou se sentir jugé. Nous voulons éviter le BESOIN de validation externe.

Une amie m’a dit, il y a peu de temps, que son mari a fait partie de ses enfants à qui on faisait des éloges et des commentaires sur tout ce qu’il faisait. Maintenant, il est adulte et a de la difficulté à comprendre pourquoi son patron ou ses collègues ne lui disent pas constamment que son travail est bien fait. Il a encore besoin de validation externe et son estime de lui-même en souffre. Comment va-t-il maintenant réussir à se sentir satisfait de son travail et de lui-même ?

Je finirais en disant: Vous pouvez être un parent fier de votre enfant, mais laissez votre enfant être fier de lui-même, sans vous.

Lorsque je suis fière de ma fille ou de mes élèves, je suis satisfaite du travail que cela a représenté de ma part et de la leur, je me récompense (un p’tit verre de ma boisson préférée, une p’tite douceur) mais je n’ai pas besoin d’intervenir dans leur processus de travail pour leur dire. Je laisse l’enfant construire sa confiance en soi.

Observez bien ces sourires de satisfaction lorsqu’ils ont fini ou qu’ils travaillent (peu importe le résultat, laissez le processus se faire), cela vaut tout l’or du monde.